Grâce au projet Femmes et égalité des genres Canada, l’Association canadienne des entraîneurs (ACE) a sélectionné quinze organisations sportives de partout au pays, et nous sommes honorés de faire partie de cette initiative inspirante. Dans le cadre de notre engagement à favoriser la croissance et l’inclusion chez les entraîneurs, nous avons discuté avec nos mentors et nos mentorées, en commençant par le très estimé Thierry Verviers, un entraîneur bien connu du Québec.

Fort de près de cinq décennies d’expérience en tant qu’entraîneur, Thierry partage ses motivations pour devenir mentor, ses attentes quant au lancement prochain du programme à Ottawa et l’importance d’un soutien structuré pour les jeunes entraîneurs. Ses réflexions démontrent une profonde compréhension des défis auxquels font face les entraîneurs et du pouvoir transformateur du mentorat.

1) Vous avez une expérience remarquable en tant qu’entraîneur, pourquoi avoir accepté le rôle de mentor?

Je suis sur le point de boucler ma 48e année comme entraîneur de tennis de table. Cette longue carrière m’a permis de traverser toutes sortes de situations, parfois difficiles. Dans ces moments-là, j’aurais aimé pouvoir compter sur des mentors. Aujourd’hui, j’aimerais à mon tour soutenir de jeunes entraîneurs, non seulement dans leurs débuts, mais aussi lorsqu’ils rencontreront des obstacles.

Mon objectif est de partager mon expérience et mes connaissances, tout en aidant chacun à développer sa propre approche du coaching. J’entends souvent qu’“avant, c’était différent”, mais je crois sincèrement que le passé peut servir de guide : il nous éclaire sur les erreurs à ne pas répéter et nous inspire pour innover. J’aimerais donc accompagner ma mentorée dans son parcours d’innovation, en m’appuyant sur ce que j’ai moi-même vécu et appris. 

2) Durant les 2 jours à Ottawa, le projet sera lancé, quelles sont vos attentes ?

Je n’ai pas d’attentes particulières, si ce n’est de pouvoir échanger avec des entraîneurs de tous horizons, jeunes ou expérimentés. Je suis convaincu que ces deux jours seront l’occasion d’accélérer notre progression à tous, particulièrement avec ma mentorée, car ces rencontres favorisent la confrontation d’idées et l’échange de bonnes pratiques.

J’ai hâte de découvrir de nouvelles perspectives et de partager les miennes. Sans ce temps de lancement à Ottawa, il aurait été plus difficile de créer ce réseau de discussions. J’espère donc que cela nous donnera un élan supplémentaire pour la suite.

3) Le programme de mentorat est chapeauté par l’ACE, comment voyez-vous cet apport?

Le fait d’être soutenu par l’ACE confère une reconnaissance officielle et un cadre structuré au mentorat. J’ai eu la chance de bénéficier de l’aide de plusieurs mentors tout au long de ma carrière, mais jamais dans un contexte aussi organisé.

Cette démarche officielle me semble très positive pour les jeunes entraîneurs, car elle leur apporte un soutien clair, une plus grande visibilité et des ressources mieux adaptées à leurs besoins.

4) Avez-vous bénéficié d’un mentor lorsque vous avez débuté votre carrière ?

Au tout début de ma carrière, j’ai eu l’aide précieuse d’une personne qui n’était pas officiellement coach, ni même spécialisée en tennis de table, mais qui m’a soutenu et encouragé. Il me donnait les moyens (logistiques, transport, etc.) de me rendre à l’entraînement et m’a aidé à franchir le cap des premières séances.

Sans lui, je ne sais pas si j’aurais persévéré. Des années plus tard, j’ai eu l’incroyable chance de coacher son fils lors d’une finale de championnats canadiens. Cette anecdote illustre à quel point une rencontre peut changer le cours d’une vie.

Par la suite, j’ai rencontré différents mentors à des moments clés de ma carrière. Ils m’ont tous permis de me questionner, de progresser, et à ma grande surprise, certains m’ont dit avoir appris de moi également. C’est une belle leçon d’humilité : nous avons tous à apprendre les uns des autres, peu importe notre niveau. 

5) Si vous aviez une baguette magique, que feriez-vous pour faciliter le parcours des jeunes  entraîneures ou pour améliorer la scène du tennis de table au Canada?

J’aimerais que chaque jeune entraîneur ou entraîneure puisse bénéficier d’un mentor, dans un cadre structuré, stable et durable. Il est essentiel que cette relation se poursuive tout au long de la carrière, pour que les coachs ne se sentent jamais isolés et puissent évoluer en permanence.

Au-delà de cet accompagnement, je favoriserais des espaces de partage, comme des réunions régulières ou des plateformes d’échange, où chacun pourrait soumettre ses problèmes, ses idées et trouver ensemble des solutions.

 

Alors que nous nous lançons dans cette aventure, le dévouement de Thierry à former la prochaine génération d’entraîneurs est une source d’inspiration. Nous sommes ravis de constater l’impact positif de cette initiative et avons hâte de suivre les progrès de nos mentors et mentorées si dévouées dans les mois à venir.