Pour de nombreux athlètes, voyager à l’étranger pour participer à des compétitions est un rêve. Pour Peter, membre de l’équipe nationale canadienne de para-tennis de table, c’était bien plus. Ce qui avait commencé comme une aventure familiale s’est transformé en trois mois et demi de compétitions internationales, d’entraînement intensif et de souvenirs inoubliables.
Accompagné de sa femme et de sa fille de quatre ans et demi, Peter a organisé son voyage autour de cinq tournois internationaux, s’immergeant ainsi dans certains des meilleurs environnements de para-tennis de table d’Europe. « C’était tout simplement une envie de faire quelque chose en famille », explique Peter. « Nous voulions passer quelques mois dans un autre pays, et nous avons organisé le voyage autour de tournois et d’entraînements.»
L’idée mûrissait depuis environ un an. Lorsque le congé de sa femme et l’entrée de sa fille à l’école ont coïncidé, la famille a décidé de concrétiser ce projet.
Bien plus que du tennis de table
Si l’amélioration de ses performances sportives était un objectif important, Peter souligne que l’expérience a également été l’occasion de passer du temps en famille. « C’était un ensemble d’objectifs. D’une part, passer plus de temps ensemble avant l’entrée de ma fille à l’école et lui faire vivre une expérience différente. D’autre part, je souhaitais m’immerger dans le tennis de table et découvrir ce que signifie participer à de nombreux tournois et s’entraîner à plein temps avec différents joueurs en fauteuil roulant. »
Compétitions à travers l’Europe
Durant ce voyage, Peter a participé à cinq tournois internationaux en :
Pologne
Italie
Espagne
Monténégro
Slovénie
Entre les compétitions, la famille a exploré l’Europe, visitant la Roumanie, la Serbie, la Croatie, l’Allemagne, les Pays-Bas et de nombreuses petites villes. Certains de ses plus beaux souvenirs sont liés à ces moments passés loin de la table. « Nous avons beaucoup apprécié la Roumanie. En Serbie, rester au même endroit pendant plusieurs semaines était vraiment intéressant. Les gens du quartier commençaient à nous reconnaître et on se sentait presque intégré à la communauté en très peu de temps. »
S’entraîner comme un professionnel
Le point culminant du voyage a été un séjour de près de quatre semaines à Novi Sad, en Serbie, où Peter s’entraînait deux fois par jour avec l’équipe nationale serbe de para-tennis. Chaque jour comprenait deux séances d’entraînement de deux heures et demie à trois heures, cinq jours par semaine, souvent aux côtés d’athlètes internationaux de plusieurs pays. « C’était une expérience incroyable. On s’entraînait ensemble, puis on allait prendre un café ou déjeuner. On avait vraiment l’impression de faire partie d’une équipe. »
Il a ensuite passé près de trois semaines supplémentaires à s’entraîner à Stuttgart, en Allemagne, découvrant un autre environnement de haut niveau et apprenant comment différents programmes abordent le développement des athlètes.
Apprendre des meilleurs
L’une des plus grandes différences que Peter a remarquées par rapport au Canada était la profondeur du système paralympique européen. « La plus grande différence résidait simplement dans le nombre de joueurs en fauteuil roulant et l’infrastructure dont disposent leurs programmes. »
Participer à des compétitions aussi fréquemment a également modifié sa façon d’aborder les matchs. « Jouer autant de tournois en si peu de temps m’a appris à ralentir et à être patient. M’entraîner principalement avec des joueurs valides me pousse parfois à précipiter les points. Ce qui n’est pas toujours efficace en compétition en fauteuil roulant. »
Des performances mémorables
Les résultats de Peter ont témoigné de la valeur de cette expérience. En Italie, il a battu le médaillé de bronze des Jeux paralympiques de Paris. En Espagne, il s’est incliné de justesse en cinq manches en quarts de finale face au numéro cinq mondial. Ces performances l’ont conforté dans l’idée qu’il a sa place parmi les meilleurs joueurs du monde.
Au-delà de la table
Comme pour de nombreux athlètes en fauteuil roulant, l’accessibilité est restée une préoccupation constante tout au long de son parcours. « Je ne parlerais pas de défi, car je m’y attends en voyage, mais l’accessibilité est toujours un aspect à gérer. Dans l’ensemble, tout s’est bien passé et la plupart des gens ont été très serviables. »
Cette expérience lui a également appris une leçon personnelle. « J’ai toujours su que je n’aimais pas demander de l’aide, mais parfois, c’est nécessaire. J’ai appris qu’il n’y a pas de mal à demander, car la plupart des gens sont ravis d’aider. »
Une communauté qui s’étend à travers le monde
Pour Peter, l’une des plus grandes récompenses a été de renforcer les amitiés nouées grâce à la compétition internationale. Il a particulièrement apprécié de retrouver Boris, un athlète serbe qu’il avait déjà rencontré, et de passer du temps avec l’équipe serbe, qui l’a chaleureusement accueilli, lui et sa famille. « J’ai fêté mon anniversaire là-bas et ils m’ont offert un maillot de leur club. Ce sont des souvenirs que je n’oublierai jamais. »
Perspectives d’avenir
Peter rentre au Canada avec une confiance renouvelée et une précieuse expérience internationale, alors qu’il se prépare pour son prochain grand objectif : les Jeux parapanaméricains 2027 à Lima.
S’il admire l’accès à l’entraînement et à la compétition en Europe, il est également fier des performances des athlètes canadiens. « J’ai des sentiments partagés. J’envie un peu les opportunités qui existent là-bas, mais je suis aussi fier de ce que j’ai accompli au Canada dans un environnement plus difficile.»
Son conseil aux autres athlètes canadiens est simple : « Foncez ! Voyager, tisser des liens avec des athlètes et des programmes du monde entier vous ouvrira des portes et vous créera des souvenirs inoubliables. »
Peter tient également à remercier ceux qui ont rendu cette expérience possible. « Avant tout, ma femme et ma fille. Voyager, c’est une chose. Voyager pour le sport, c’en est une autre. Je tiens aussi à remercier Dejan, qui m’a toujours énormément soutenu et m’a aidé à intégrer la communauté internationale du tennis de table. »
En repensant à son parcours, une leçon se démarque : « Le tennis de table est un petit milieu. Travailler dur et participer à des compétitions sont importants, mais les relations que l’on tisse en dehors des tables sont souvent ce qui crée les plus belles opportunités et rend l’expérience bien plus enrichissante. »











