Par Julie Forget

Photos : Fournies gracieusement par Thorsten Gohl

De sa ville natale de Mayence, en Allemagne, au nord glacial du Canada, Thorsten Gohl a mis à profit sa passion pour le tennis de table pour aider à développer le sport grâce à son engagement envers le bénévolat, son talent pour la photographie et sa capacité à trouver de nouvelles façons d’amener le sport au plus grand nombre.

Actuellement membre du conseil d’administration de Tennis de table Canada, où il est également président du comité de développement des entraîneurs, Gohl a également été récemment nommé au comité des médias de la Fédération internationale de tennis de table. Il est également directeur général de « Table Tennis North » – mais aucun de ces postes n’est son véritable « emploi ».

« Je suis actuellement coordonnateur à la littératie physique pour le Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest », déclare Gohl. « Nous avons un financement fédéral, et mon rôle est d’inciter les gens à être actifs – c’est donc vraiment mon travail, mais cela me donne beaucoup d’opportunités et cela m’aide à avoir beaucoup de temps pour aider et soutenir le tennis de table dans les Territoires du Nord-Ouest et au Canada. Je consacre environ 20 à 40 heures par semaine à travailler bénévolement pour « Table Tennis North » et Tennis de table Canada.

Gohl a commencé à jouer au tennis de table en Allemagne où il jouait professionnellement et était aussi entraîneur, mais s’empresse de souligner qu’il n’était pas au plus haut niveau : « Quand vous jouez en Europe, il y a différents clubs qui vous versent un salaire mensuel et puis lorsque vous gagnez des matchs, vous obtenez un bonus. Donc, j’étais juste bon – pas le meilleur, mais assez bon pour jouer dans les différentes divisions.

Il a visité le Canada en 2007 et a tellement aimé qu’il a décidé de rester, mais sans ligue professionnelle de tennis de table disponible, il a dû se tourner vers une autre de ses passions pour gagner sa vie – la photographie. Il s’est inscrit en 2009 à un programme professionnel d’imagerie photographique au Langara College de Vancouver, et une fois terminé, il avait un permis de travail de trois ans pour rester dans le pays avec la possibilité de demander sa résidence s’il pouvait trouver du travail pendant au moins un an.

Il était déjà membre du conseil d’administration de Table Tennis British Columbia à cette époque et avait photographié les Championnats canadiens à Vancouver en 2012. Il a donc demandé à TTCAN s’il pouvait travailler pour eux pendant un an à la reconnaissance de l’image et les commandites. Après avoir conduit de Vancouver jusqu’en Nouvelle-Écosse pour mettre à profit à nouveau ses talents de photographe aux Championnats canadiens à Halifax en 2013, TTCAN l’a engagé en tant que directeur de l’image et des commandites pour TTCAN où il est resté pendant un an et demi avant de déménager dans les Territoires du Nord-Ouest en 2015.

« Le secret d’un bon photographe de tennis de table est l’anticipation, je dirais – savoir quel sera le prochain mouvement et en profiter », déclare Gohl qui a photographié tous les championnats canadiens depuis 2015. « C’est facile pour moi parce que je l’ai fait tant de fois, et c’est facile pour moi avec tous les sports maintenant. »

En effet, ce n’est pas seulement le tennis de table qui a bénéficié du talent de Gohl derrière l’objectif, il a également couvert d’autres sports, dont le soccer où il était le photographe officiel des Whitecaps de Vancouver, et a eu la chance d’être photographe aux Jeux olympiques d’hiver de 2010, ainsi que les Jeux panaméricains de 2015 à Toronto où il a couvert une variété de sports.

En fait, Gohl est un grand partisan de la pratique et la connaissance d’une variété de sports. C’est cette connaissance qui a alimenté sa détermination à lancer un nouveau projet pilote à Hay River, dans les Territoires du Nord-Ouest, qui combinait le tennis de table et le hockey pour améliorer la coordination œil-main et le temps de réaction. Ce projet a connu un grand succès et Gohl a été reconnu pour la création de ce programme innovant, ainsi que d’un programme de mentorat féminin qu’il a lancé en 2020, en recevant le prix Inspiration de l’Association canadienne des entraîneurs en 2021.

« J’ai suivi de nombreuses formations d’entraîneurs communautaires de sports comme le hockey, la ringuette, le ski de fond, etc. juste pour apprendre ce qu’ils font en raison de mon rôle de président du comité de développement des entraîneurs (de TTCAN). Cela m’aide à mieux comprendre et cela aide le sport. Le fait que j’aie reçu une reconnaissance de l’ACE cette année, par exemple, n’était pas tant pour moi, mais pour le sport qui se rassemble et crée des opportunités pour les jeunes femmes, et pour le tennis de table la mise en avant du sport.

Grâce à son travail avec « Table Tennis North », Gohl est très fier du tournoi scolaire qu’il organise désormais chaque année. Au cours de sa première année en 2016, 10 enfants se sont présentés. L’année suivante 40 enfants, et chaque année par la suite, 150 enfants se sont présentés pour jouer. « Le but pour moi chaque année est d’organiser ces championnats scolaires et de faire participer le plus d’enfants possible. Avec le tennis de table dans les Territoires du Nord-Ouest, nous ne voulons pas forcer les enfants à simplement pratiquer notre sport, nous voulons qu’ils soient aussi actifs que possible et nous voulons leur donner les outils et les astuces pour devenir la meilleure version d’eux-mêmes. »

La grande vision de Gohl pour le tennis de table est de voir le sport pratiqué dans toutes les écoles du Canada, mais il voit également des tonnes d’autres façons de développer le sport.

« Je pense que nous devons changer complètement notre idée du tennis de table au Canada. Ne pensez pas aux tournois et à la façon dont nous établissons les normes pour le niveau mondial. Non pas qu’on l’écarte, mais on ne s’y attarde pas, et disons : « allons dans les bars, parlons à ces gens-là ». Parlons aux joueurs de sous-sol. Faisons des activités amusantes avec ces gens. Parlons aux écoles. » Avec le tennis de table, vous installez une table, vous avez deux raquettes et une balle et c’est parti. Il n’est pas nécessaire que ce soit une table professionnelle – elle peut être sur le sol, contre le mur, sur une table de glace au milieu du Grand lac des Esclaves dans les Territoires du Nord-Ouest. Il y a toutes ces opportunités et possibilités et je pense que nous devons nous concentrer là-dessus.

Il ne fait aucun doute que Gohl a eu un impact significatif sur le sport du tennis de table dans son pays d’adoption, le Canada, et continuera d’avoir un impact local dans les Territoires du Nord-Ouest, à l’échelle nationale avec Tennis de table Canada et à l’échelle internationale avec son travail avec l’ITTF.